
Le soir du 23 octobre, la salle de réception du bâtiment de l'Organisation sioniste d'Amérique, dans le centre de Tel-Aviv, était pleine de plusieurs centaines de personnes. La plupart étaient des Juifs israéliens, de la génération X ou du baby-boom, de sensibilité libérale — le genre de personnes que l'on aurait pu voir manifester contre la réforme judiciaire du gouvernement puis, plus tard, pour un accord permettant le retour des captifs israéliens de Gaza.
Ils étaient venus voir — et, pour les plus chanceux, côtoyer — deux co-vedettes inattendues de cette saison électorale israélienne : Mansour Abbas, député palestinien à la Knesset et chef de la Liste arabe unie, islamiste (connue en hébreu sous le nom de Ra'am), et sa toute dernière recrue, l'ancien député de Yesh Atid Yoav Segalovitz.
Lorsque Segalovitz est entré dans le hall et s'est mêlé à la foule, la salle s'est animée. Cet homme trapu de 67 ans pouvait à peine faire quelques pas sans être arrêté pour un selfie, une poignée de main ou un compliment. Un accueil étrange pour quelqu'un qui, jusqu'à récemment, n'était qu'un visage de plus dans l'interminable défilé des députés centristes israéliens.
La décision de Segalovitz de rejoindre Ra'am a fait de lui, dans certains cercles israéliens, une célébrité politique. Et quoi que l'on pense de ses positions, c'était un geste audacieux. Dans l'Israël de 2026, où les responsables politiques sont régulièrement pourchassés pour des déclarations vaguement de gauche ou insuffisamment belliqueuses, rejoindre un parti islamiste dirigé par des Palestiniens, que Netanyahou et ses alliés ont calomnié en le présentant comme un soutien du Hamas, n'est guère une recette de succès politique. Segalovitz a presque certainement coupé plus d'un pont.
Pour Ra'am, recruter Segalovitz n'était pas moins audacieux. Il est sioniste et policier jusqu'au bout des ongles — ancien chef de l'unité des enquêtes internes de la police. Pour les citoyens palestiniens d'Israël, qui subissent depuis des années la négligence de la police au milieu d'une flambée sans précédent de la criminalité violente, son parcours pouvait facilement éveiller la méfiance. Ra'am fait valoir qu'un partenariat avec un ancien haut gradé de la police est très prometteur pour une communauté en situation d'urgence.
Photo : Mansour Abbas, président de Ra'am, lors d'une conférence de presse commune avec le nouveau membre du parti Yoav Segalovitz, à Nazareth, dans le nord d'Israël, le 31 août 2026. (Michael Giladi/Flash90)
Mais pour les Juifs israéliens réunis dans cette salle de Tel-Aviv, la promesse de ce mariage improbable va bien au-delà de ce que chacun des deux hommes pourrait apporter à sa propre base.
« Je pense que l'État d'Israël n'a absolument aucune chance de continuer à fonctionner de façon saine ou raisonnable si nous ne nous allions pas avec les Arabes », a déclaré à +972 Tali, commissaire d'exposition de Tel-Aviv d'environ 70 ans. « Et c'est la chose la plus urgente à faire : nous lier aux Arabes israéliens. Dans tous les sens du terme. Moralement, politiquement, émotionnellement, en tant qu'êtres humains, de toutes les manières possibles.
« Je crois en ces deux hommes. Ce sont des gens qui parlent aux autres d'égal à égal, a ajouté Tali. Ils parlent de ce dont les êtres humains ont réellement besoin de parler, plutôt que de toutes sortes de symboles juifs, d'unité ou d'autres absurdités de ce genre. »
Pour d'autres, la portée de l'alliance Abbas-Segalovitz tient moins à leurs identités nationales qu'au type de politique qu'elle annonce. « Ce qui m'a beaucoup plu, c'est que lorsqu'Abbas et Segalovitz se sont unis, ils n'ont pas signé d'accord », a expliqué à +972 Ittay Flescher, militant de Jérusalem. « C'est en fait très rare, parce que souvent, quand quelqu'un rejoint un parti, il y a un accord très détaillé — tu peux faire ceci, tu dois voter ainsi, etc. Et ils ont dit non.
« Segalovitz a dit : “Je te donne ma parole que je te consulterai pour tout ce que je ferai”, et Mansour a dit à Yoav : “Tu as la liberté de conscience de voter comme tu l'entends sur certains sujets où nous pourrions être en désaccord.” Et je pense que cela montre qu'ils arrivent avec beaucoup de bonne foi. C'est ce qui manque le plus à la Knesset. »
Photo : Yoav Segalovitz parle avec un sympathisant lors d'un meeting de campagne de Ra'am, dans le bâtiment de l'Organisation sioniste d'Amérique, au centre de Tel-Aviv, le 23 octobre 2026. (Amos Brison)
Mais Ra'am n'est pas la seule liste électorale dirigée par des Palestiniens à briguer les voix des Juifs convaincus que l'avenir du pays dépend d'une coopération judéo-arabe accrue. La Liste commune, alliance de partis majoritairement arabes qui attire de longue date des électeurs juifs, propose une autre vision de ce partenariat.
Un mariage politique improbable
Pendant tout le meeting de Ra'am à Tel-Aviv, aucun orateur n'a mentionné Gaza, la Cisjordanie ou la violence des colons, et encore moins le génocide ou l'apartheid. Même le mot « palestinien » n'a jamais été prononcé. Et malgré tout l'enthousiasme pour une politique débarrassée des slogans creux, le discours d'Abbas lui-même n'en était guère exempt.
« Nous promouvons une autre façon de faire de la politique, une politique qui rassemble. Et il ne s'agit pas seulement des Juifs et des Arabes. Nous devons aussi parler de partenariat entre tous les citoyens du pays, dans tous les secteurs et toutes les communautés », a déclaré Abbas à la foule.
« Le partenariat judéo-arabe peut aussi renforcer le partenariat et la cohésion entre Juifs, ainsi que le partenariat et la cohésion entre Arabes, au sein de l'État d'Israël », a-t-il ajouté. Revenant sur son passage comme ministre au sein du « gouvernement du changement », Abbas a poursuivi : « Réunir Yamina et Meretz dans une même coalition a été possible parce qu'un parti arabe était là, offrant la plateforme commune la plus large possible et démontrant que, oui, nous pouvons travailler ensemble — de l'extrême droite à l'extrême gauche de la société israélienne, de la société juive. »
Il y a quelque chose de déroutant à célébrer l'éphémère gouvernement de Naftali Bennett et Yaïr Lapid comme une réussite politique en soi, au vu de tout ce qui s'est passé depuis en Israël, dans les territoires palestiniens occupés et dans la région. Mais pour les Juifs israéliens réunis dans cette salle de Tel-Aviv, qui regardent en arrière depuis la réalité politique de 2026 — marquée par les guerres, l'incertitude économique et l'isolement international —, cette période paraît presque utopique.
Photo : Le Premier ministre d'alors, Naftali Bennett, s'entretient avec le chef de Ra'am, Mansour Abbas, dans l'hémicycle de la Knesset, le 21 juin 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Au-delà de la nouveauté du partenariat, c'est Abbas lui-même qui a séduit nombre de ces électeurs. La qualité qu'ils citent sans cesse est sa disposition supposée à faire des compromis par-delà les clivages idéologiques au nom d'un bien supérieur.
« En tant que quelqu'un qui méprise Bibi, [je crois qu'] il y a une chose qu'il a vue juste quand il a décrit Mansour Abbas comme le Sadate israélien », a déclaré un jeune homme de 20 ans portant la kippa, se décrivant comme sioniste religieux modéré, qui a requis l'anonymat parce qu'il sert dans l'armée. La comparaison renvoyait à l'ancien président égyptien qui avait rompu avec le monde arabe pour faire la paix avec Israël en 1979.
« Sadate était un homme profondément religieux. Il avait cette petite marque sur le front, vous savez, à force de prier ? Et voici Abbas, un imam de mosquée, quelqu'un qui connaît le Coran par cœur, et c'est précisément depuis ce point de vue religieux qu'il parle d'intégration, de paix et de réconciliation, a-t-il dit. C'est extraordinaire. C'est presque un rêve devenu réalité. »
Tali était tout aussi séduite par Abbas. « J'ai voté Hadash [qui fait désormais partie de la Liste commune] par le passé, mais je dois dire que Mansour Abbas m'impressionne beaucoup. Il a quelque chose de direct, de franc. Il a du bon sens, il est pragmatique. »
Le pragmatisme d'Abbas ne l'a pas toujours mené dans des directions que ces nouveaux admirateurs juifs apprécieraient. En décembre 2020, alors que la coalition de Netanyahou était au bord de l'effondrement, Abbas et son collègue de Ra'am Walid Taha auraient attendu dans le parking de la Knesset, prêts à entrer dans l'hémicycle pour voter avec le Likoud afin de reporter la dissolution du Parlement, si le parti de Netanyahou avait besoin d'eux. La manœuvre a finalement échoué, mais elle a donné un aperçu de la disposition d'Abbas à coopérer avec la droite israélienne s'il pensait pouvoir ainsi faire avancer ses objectifs politiques.
Photo : Mansour Abbas lors d'un vote sur la proposition de dissolution de la Knesset, dans l'hémicycle de la Knesset, à Jérusalem, le 12 juin 2025. (Chaim Goldberg/Flash90)
Cette fois, pourtant, ses partisans semblent convaincus qu'une telle manœuvre est exclue. « Les gens disent qu'Abbas est si pragmatique qu'il pourrait finir par rejoindre la droite, mais je n'y crois pas. Il ne le fera pas, certainement pas avec Segalovitz », a dit Tali.
De son côté, Segalovitz a profité de son discours pour formuler une conviction partagée par beaucoup dans la salle : le partenariat judéo-arabe est essentiel à l'avenir d'Israël. « Quiconque pense qu'il est possible, juste, approprié, éthique ou moral d'exclure 21 % de la population ne comprend pas que cela représente le coup le plus profond qui soit porté à la sécurité nationale, au sens le plus plein du terme », a déclaré Segalovitz à la foule.
« Je ne parle pas du genre de sécurité nationale dont on entend parler toute la journée dans des conférences — l'Iran ou la Syrie. Ces sujets sont importants. Mais la véritable sécurité nationale d'un pays réside dans sa cohésion sociale et sa solidarité. Et la solidarité ne peut pas exister seulement avec des gens qui me ressemblent. Si la solidarité n'existe qu'entre personnes qui se ressemblent, nous créerons des îlots isolés au sein de l'État d'Israël — et ces îlots existent déjà aujourd'hui. »
Un tel discours, dans l'Israël d'aujourd'hui, est assurément rafraîchissant. Pourtant, la déclaration de Segalovitz selon laquelle il avait rejoint Ra'am « précisément parce que je suis sioniste, israélien et patriote juif » laisse entrevoir les limites du type de solidarité qu'il prônait. Sa décision de rejoindre Ra'am était assortie de deux conditions : conserver son indépendance dans son travail parlementaire après l'élection, et que le parti reconnaisse Israël comme l'État du peuple juif. Abbas a accepté les deux.
Photo : Le nouveau député de Ra'am Yoav Segalovitz s'exprime aux côtés du président du parti, Mansour Abbas, lors d'une conférence de presse commune à Nazareth, dans le nord d'Israël, le 31 août 2026. (Michael Giladi/Flash90)
Ainsi, alors que Segalovitz n'était pas disposé à transiger sur sa propre identité idéologique, c'est au parti dirigé par des Palestiniens qu'il rejoignait qu'on a demandé de s'en accommoder.
Pour beaucoup des nouveaux admirateurs juifs de Ra'am, la disposition du parti à mettre de côté des revendications politiques litigieuses pour obtenir une place au gouvernement constitue le principal attrait. Ce que d'autres pourraient voir comme une trahison des aspirations politiques palestiniennes et de la solidarité, eux le célèbrent comme le fondement pragmatique d'un partenariat judéo-arabe.
« J'apprécie aussi beaucoup ce que fait la Liste commune. Mais c'est là qu'on entre davantage dans la stratégie, a dit Flescher. J'ai le sentiment que la probabilité que la Liste commune entre dans une coalition est très faible. Je pense que celle de voir Ra'am dans une coalition, avec Abbas et Segalovitz tous deux ministres et disposant d'un réel pouvoir d'influence, est bien, bien plus élevée. »
Plus difficile à convaincre
Formée en 2015, la Liste commune a réuni quatre grands partis représentant les citoyens palestiniens d'Israël — Hadash, Balad, Ra'am et Ta'al — après que la Knesset a relevé le seuil électoral dans une démarche explicitement destinée à affaiblir la représentation politique arabe. La mesure, portée par l'actuelle figure de proue de l'opposition Avigdor Liberman, a fini par se retourner contre ses auteurs : elle a poussé les partis à s'unir, contribué à mobiliser les électeurs arabes et finalement offert un record de 15 sièges à la Knesset en 2020.
Lors de ce scrutin, la Liste commune a recueilli environ 20 000 voix juives — de nombreux électeurs voyaient le partenariat judéo-palestinien comme essentiel à un autre avenir, mais pour eux ce partenariat ne pouvait être dissocié de la fin de l'occupation, de la lutte contre l'apartheid ou de la reconnaissance de l'autodétermination palestinienne. Ce soutien a ensuite décliné sous l'effet du virage à droite de l'opinion juive et des divisions internes qui ont fracturé l'alliance, notamment autour de la disposition apparente d'Abbas à se rapprocher de Netanyahou.
Photo : Des députés de la Liste commune et des sympathisants manifestent devant la Knesset contre le budget de l'État israélien 2015-2016 et les discriminations envers les citoyens palestiniens, à Jérusalem, le 17 novembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)
Aujourd'hui, avec trois de ses quatre partis d'origine se présentant ensemble et des sondages qui lui prédisent régulièrement environ neuf sièges, la Liste commune se tourne de nouveau vers les électeurs juifs. Mais après le 7 octobre, la tâche est devenue considérablement plus difficile. La rhétorique génocidaire s'est répandue bien au-delà de la droite israélienne, et même les espaces juifs libéraux sont devenus hostiles aux positions qui remettent en cause le consensus politique autour de la guerre.
Pourtant, comme lors des précédents cycles électoraux, la Liste commune a mené une vaste campagne en direction des électeurs juifs, avec une communication dédiée en hébreu sur les réseaux sociaux, des militants faisant du porte-à-porte dans tout le pays et plus de 100 événements destinés spécifiquement à un public juif. Le parti présente aussi deux candidats juifs : le député sortant de Hadash Ofer Cassif en cinquième position, et Orly Noy (rédactrice à Local Call et contributrice de +972) à une 14e place largement symbolique.
Lors de l'un des derniers événements de campagne du parti, organisé à la terrasse d'un café de Jaffa, candidats et militants se montraient étonnamment optimistes. Certains suggéraient même que le virage à droite de la politique juive pourrait jouer en leur faveur, en laissant aux électeurs opposés aux guerres moins d'alternatives parmi les partis sionistes.
« En 2020, nous avions un siège entier pour la Liste commune grâce aux voix juives, et la situation d'alors ressemble beaucoup à celle d'aujourd'hui », a expliqué à +972 Noa Levy, candidate de la Liste commune et responsable de sa campagne en hébreu. « À l'époque, le Parti travailliste et Meretz se présentaient ensemble sur une seule liste, un peu comme aujourd'hui [avec les Démocrates]. Et le discours et la réalité politiques en Israël glissaient de plus en plus à droite, et les gens cherchaient autre chose.
« Aujourd'hui, [le chef des Démocrates, Yaïr] Golan a soutenu la guerre en Iran et la guerre à Gaza, il a présenté un programme des 100 jours qui prévoit de renforcer le contrôle israélien au Liban et à Gaza, il a soutenu l'invalidation de [du président de Balad] Sami Abou Shehadeh et refuse de parler de la solution à deux États, a-t-elle dit. Dans cette situation, je pense que beaucoup de partisans de la paix dans le public juif cherchent une autre réponse, et la Liste commune la leur apporte. »
Photo : Sami Abou Shehadeh, membre de la Liste commune et président de Balad, s'adresse à la foule lors d'un événement de campagne avant les élections israéliennes, à Jaffa, dans le centre d'Israël, le 21 octobre 2026. (Amos Brison)
Historiquement, la principale concurrence de la Liste commune pour les voix juives venait de la gauche sioniste, et non d'un autre parti palestinien. Pour se distinguer, responsables, candidats et militants de la Liste commune soulignent ce que Ra'am est prêt à dire — et à concéder — pour gagner le soutien juif.
« Ra'am est un parti arabe qui compte un membre juif sioniste, mais ils ne parlent pas de l'occupation, ils ne proposent aucune alternative, ils ne critiquent pas les guerres », a dit Levy, évoquant aussi la réponse évasive d'Abbas à une question sur les crimes de guerre israéliens à Gaza.
« Alors quand les partisans libéraux de Ra'am réfléchissent à leurs choix, ils doivent aussi penser à ce en quoi ils croient, a-t-elle poursuivi. Et si c'est la fin de l'occupation, s'ils veulent voir des perspectives de paix, alors Ra'am n'est pas le parti qu'il leur faut. »
Mais les différences idéologiques ne sont qu'une partie de la compétition. Un gouvernement d'opposition aurait probablement besoin du soutien des partis dirigés par des Palestiniens, ce qui place la Liste commune face à un défi stratégique : convaincre les électeurs juifs que la soutenir ne se ferait pas au détriment de l'éviction de Netanyahou, et que son influence ne serait pas moindre même si elle reste hors du gouvernement.
« Je vous le dis : après l'élection du 27 octobre, nous prendrons la décision responsable, celle qui fait preuve de leadership, celle qui renverra finalement Netanyahou chez lui », a déclaré à +972 le chef de la Liste commune, Yousef Jabareen, lors d'un événement de campagne à Haïfa.
Le député de longue date Ahmad Tibi, chef de la faction Ta'al, a fait valoir de même qu'un vote pour la Liste commune n'est pas seulement le choix moral pour les Juifs israéliens, mais « la plus solide garantie de faire tomber le gouvernement Netanyahou, Smotrich et Ben Gvir ».
Photo : Le député de la Liste commune Ahmad Tibi lors d'une conférence de presse présentant le programme de travail du parti pour la prochaine Knesset, avant les élections législatives israéliennes, à Haïfa, dans le nord d'Israël, le 20 octobre 2026. (Sharon Leibel/Flash90)
« Le bloc de droite est à 51 ou 52 sièges dans les sondages. Le bloc de l'opposition a 50 ou 51 sièges. Il est impossible d'atteindre 61 sièges, même en ajoutant Ra'am, par exemple. Donc, sans la Liste commune, il est impossible de faire pencher la balance, a déclaré Tibi à +972 lors de l'événement de Haïfa. C'est pourquoi j'appelle les gens de gauche, les gens qui veulent un vrai changement : la Liste commune est votre maison politique. Votez pour la Liste commune. »
S'adressant aux journalistes, Tibi a ajouté : « Retenez bien ce que je dis : après l'élection, nous recevrons un coup de fil [des partis d'opposition]. » Des signes indiquent déjà que son attente pourrait s'avérer fondée. Selon un reportage du radiodiffuseur public israélien Kan, des partis du bloc anti-Netanyahou ont tenu des discussions préliminaires avec la Liste commune sur les concessions qu'elle pourrait exiger en échange de son soutien à la formation d'un gouvernement.
Pourtant, si les dirigeants du parti parlent avec assurance de leur influence potentielle après l'élection, leurs militants juifs décrivent une réalité bien plus rude sur le terrain.
« Le virage à droite après le 7 octobre est bien réel, dit Iddo Elam, militant de la Liste commune de 20 ans, originaire de Tel-Aviv. On le voit dans la rue, de plus en plus de gens ne se soucient que de sécurité, de patriotisme, de nationalisme. »
« Nous ne sommes pas nombreux, mais nous travaillons très dur pour la campagne, explique Michal, une autre militante juive de la Liste commune âgée de 20 ans. Nous collons des affiches, nous faisons les réseaux sociaux, etc. Et ce n'est pas facile. Quand mes camarades sont allés à Beer-Sheva [ville traditionnellement de droite] coller des affiches, je me suis dit : “Oh mon Dieu, ils vont vous tuer.” C'est très, très intimidant. »
Malgré tout, les militants affirment qu'il est à la fois possible et nécessaire d'atteindre les électeurs juifs, y compris ceux qui ont glissé plus à droite depuis le 7 octobre.
« Si vous parlez avec les gens dans la rue, surtout ceux de mon âge, les jeunes de 20 ans, même les adolescents, ils se soucient de sécurité parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité, et parce qu'ils ont le sentiment que ce gouvernement ne les a pas protégés et ne se soucie pas d'eux, a ajouté Elam. Si vous parvenez à les convaincre qu'un partenariat judéo-arabe est la voie vers cette sécurité, vous pouvez parler avec eux. »
Article original : Amos Brison, +972 Magazine, octobre 2026. Traduction française : IsPal info. Les éventuelles erreurs ou approximations de traduction sont de notre fait. Les légendes des photographies sont traduites sans reproduire les images, sauf la photo d’ouverture.
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